1/2018

Mimi Mollerus – entrepreneuse par passion

Elle ne fait rien à moitié. Mimi Mollerus est une entrepreneuse corps et âme, qui associe dans ses actes style, ambition et passion. Depuis 2011, cette Allemande titulaire du passeport suisse dirige l’entreprise familiale Maison Mollerus, une marque de sacs et valises de luxe «mainly made in Switzerland». Malgré l’aspect glamour, sa philosophie de direction repose sur une approche terre à terre.

Vous avez passé votre enfance en Allemagne. Comment se fait-il que vous viviez aujourd’hui en Suisse?

Même si ma famille vivait en Allemagne, c’est en Suisse que mon père a fondé en 1984 l’entreprise Maison Mollerus, et ce, essentiellement car la qualité suisse est unique au monde. Je me suis établie en Suisse pour la première fois en 1999, afin d’y travailler au siège principal de notre entreprise. Cinq ans plus tard, je suis retournée à Munich, pour revenir travailler en Suisse chez IWC en 2007. Mon père m’a proposé de réintégrer l’entreprise familiale en 2011. Aujourd’hui, je suis directrice de Maison Mollerus.

De quelle manière dirigez-vous?

J’attache une grande importance, en tant que cadre, au fait de ne pas imposer les choses depuis les étages supérieurs. Nous sommes douze collaborateurs et chacun doit y mettre du sien, y compris moi-même. Que ce soit dans le cadre des ventes de Noël ou lors de la pose d’étiquettes, je travaille côte à côte avec mes employés. Je crois qu’ils apprécient cette approche.

Je me consacre à mon travail avec ardeur et j’en attends autant de tous mes collaborateurs. J’ai peu d’indulgence pour le travail bâclé. Soit l’on est destiné à une chose, soit on l’abandonne. Dans la vie, on ne devrait faire que ce qu’on aime vraiment et ce que l’on peut faire avec passion. Travailler uniquement pour de l’argent ne rend pas heureux à long terme.

Le leadership est-il confronté à un changement de paradigme?

Jadis on demandait: quels sont vos projets de marketing pour les trois à cinq prochaines années? Il y a trois à cinq ans, nous ne savions pas encore que les consommateurs choisiraient de pratiquement tout commander en ligne. De nos jours, les cadres doivent savoir se montrer bien plus flexibles que par le passé. Pour ce qui a trait à la numérisation, je crois qu'il faut bien réfléchir à ce que nous souhaitions numériser et à ce que nous voulons conserver en l'état. Nos clients visitent nos Flagship Store, non seulement pour toucher des écrans tactiles, mais aussi car ils recherchent un produit, le contact humain et s'attendent à vivre une expérience particulière.

Quelles valeurs la Suisse devrait-elle conserver et que devrions-nous changer?

Ce que j’apprécie particulièrement en Suisse, c’est l’esprit de loyauté que l’on y rencontre généralement. La fantastique qualité suisse doit aussi impérativement être conservée. Mon père déjà attachait une grande importance à une production de qualité supérieure, localisée principalement en Suisse. Nous souhaitons conserver ces valeurs à l’avenir.

Par contre, le niveau élevé des prix en Suisse m’inquiète. Si demain tout était soudain 20 % meilleur marché – des salaires au loyer, du beurre à l’essence –, alors nous aurions une réelle chance sur le marché international. C’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises s’expatrient et transfèrent l’intégralité de leur production. Je ne souhaite pas en arriver là.

Vous trouverez l’interview complète dans le cadre de la campagne du 125e anniversaire de l’ACS sur swissleaders.org

Object of Meaning

L’artiste suisse Luca Pfund a peint à la main mon sac préféré, notre modèle «Zurich». Je possède aussi une petite pochette assortie, portant mes initiales. Ce sac est une pièce unique: les plumes dorées symbolisent la liberté et la légèreté, me rappelant qu’il faut parfois savoir prendre la vie à la légère.

  • Sunnie Groeneveld Nicolas Dhers
  • Text

Tags: Entretien, Leadership, Personnalité, ASC

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