2/2018

Tempus fugit

Laurence Rochat sait bien à quel point quelques centièmes de secondes peuvent être précieux. Ils sont le fruit d’innombrables heures de travail et tranchent entre victoire et défaite. À quel point les heures passées avec ceux que l’on aime et qui nous ont quitté trop vite sont précieuses. À quel point nous devons choyer notre vie, car elle est la seule et unique qui nous sera accordée. Une raison supplémentaire pour en vivre plusieurs au cours d’une seule et même vie. Du ski de fond professionnel à la manufacture horlogère, sans oublier un petit détour par la haute cuisine – Laurence Rochat n’a pas encore 40 ans et en est déjà à sa troisième vie.

Parmi vos expériences du sport de haut niveau, lesquelles pouvez-vous utiliser dans votre carrière de cadre?

Dans le sport, j’ai appris à dépasser mes limites et à ne pas me fier aux acquis, car tout évolue en permanence. Lors des Jeux olympiques de Salt Lake City, nous avons décroché le bronze au 4 x 5 km en équipe. La veille, j’avais dû déclarer forfait pour cause de maladie. Le sport m’a appris à analyser mes défaites et à les accepter pour aller de l’avant. Au final, tout dépend de détails insignifiants et du moment opportun. Lorsque l’on sait où l’on veut aller, on finit toujours par en trouver la voie d’accès, qu’elle soit longue ou non.

Quel moment vous a particulièrement marquée?

Il y a deux ans et demi, mon mari est décédé. J’ai eu beaucoup de peine à surmonter cette perte. J’ai dû apprendre à m’y faire, à ne pas me laisser couler et à trouver une voie pour m’en sortir fortifiée... afin de pouvoir continuer à vivre.

Qui vous inspire votre manière de gérer votre vie, vos projets et vos équipes?

J’aime les parcours de vie atypiques, les gens qui savent prendre en main leur destinée. François-Henry Bennahmias, notre directeur général chez Audemars Piguet, enseignait le golf avant de devenir directeur général d’une multinationale. Il n’existe aucune norme régissant le fonctionnement de pareilles carrières. En alliant patience et passion, nous sommes tous capables de réalisations d’envergure, quel que soit notre parcours.

Existe-t-il un style «suisse» de direction ?

Je dirais que le style suisse de direction est essentiellement empreint d’équilibre et de nuances. Telle est la base. Il n’y a pas de succès sans défaite, ni de décision sans compromis. La Suisse fonctionne grâce à une subtile association d’autorité et de souplesse.

Quel conseil auriez-vous aimé recevoir il y a 20 ans?

Prends le temps qu’il te faut!

  • Nicolas Dhers
  • Text

Tags: Agilité, Santé, Entretien, Lifestyle, Personnalité

Cet article pourrait également vous intéresser