3/2018

Faire progresser la société ensemble

Après ses études de droit à l’université de Zurich, Nicola Forster a créé le thinktank «foraus – Forum Aussenpolitik» qu’il préside encore à ce jour. Il s’engage sans relâche à le faire prospérer. «foraus» possède désormais 15 collaborateurs, plus de 1000 membres bénévoles et des thinktank sœurs à Berlin, Paris, Londres, Dublin, Vienne et New York. Nicola Forster est également membre de la plate-forme d’innovation «Staatslabor» ainsi que membre du conseil de fondation du WEF Open Forum Davos ou de la Fondation Science et Cité. Son engagement résolu n’a pas non plus échappé au magazine américain «The Diplomatic Courier» qui le recense parmi les «Top 99 Foreign Policy Leaders Under 33» mondiaux; parallèlement il a été distingué en tant qu’Ashoka Fellow.

Que signifie pour vous «diriger»?

Il m’importe avant tout de réunir des gens qui veulent construire quelque chose ensemble pour faire avancer la société. Je cherche à encourager leur créativité et à donner à tous la possibilité de s’exprimer au mieux de leurs possibilités.

Y a-t-il un moment ou une expérience qui a durablement marqué votre compréhension de la conduite?

A la fin de mes études de droit, lorsque j’ai décidé de renoncer à une carrière juridique au profit d’une vie de créateur de start-up. J’avais de faibles frais fixes, pas de famille, pas de logement coûteux ni de projets de vacances luxueux – en somme le moment idéal pour créer! Je peux me souvenir d’une idée forte lors de la création de notre thinktank foraus: «Waouh, en tant que jeunes, nous pouvons vraiment avoir un impact. Si nous œuvrons ensemble et que nous réunissons des esprits brillants, nous pourrons changer quelque chose dans ce pays, même avec de faibles moyens financiers.» Pour moi, ce fut une révélation décisive qui m’inspire encore aujourd’hui.

Nous devons apprendre à apprécier la Suisse en tant que pays de migration performant.
Vous avez beaucoup voyagé dans le monde. Y a-t-il des valeurs que vous associez à la Suisse?

Je vis actuellement à New York pour y mettre en place notre thinktank et je me rends compte quotidiennement des différences entre les styles de conduite américain et suisse. Les Suisses se distinguent par exemple par leur grande exigence de qualité, leur fiabilité et leur modestie. L’incroyable motivation des Américains est en revanche une source d’inspiration pour moi. On trouve ici beaucoup de personnes qui créent quelque chose, notamment des jeunes. Leur action est souvent combinée avec une forte rhétorique, parce qu’ils ont appris que rien n’est possible sans auto-promotion. En Suisse, nous sommes plus réservés, bien que nos projets soient souvent plus consistants. Cela nous ferait parfois du bien de défendre nos idées avec un peu plus de conviction et d’entrain.

Quels sont vos vœux pour l’avenir de la Suisse?

Une pensée politique: il est essentiel que nous appréciions la Suisse en tant que pays de migration performant – avec une émigration et une immigration qui nous enrichissent. En tant que petit pays, nous n’avons aucune chance si nous sommes constamment dans le nombrilisme et pensons que nous nous en sortirons tout seuls. Nous avons besoin de gens dynamiques et de qualité, originaires de Suisse et de l’étranger. Ainsi, nous assurerons notre succès futur.

«Leadership – The Swiss Way» est l’intitulé de la campagne anniversaire à l’occasion des 125 ans de l’ASC. Vous trouverez d’autres portraits de dirigeants suisses sur www.swissleaders.org

  • Sunnie Groeneveld
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Tags: Diversité, Leadership, Personnalité

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