4/2018

Plaisir et prévention

85% des salariés aiment être encouragés de manière ludique à faire plus de sport et à prendre soin de leur santé.

Peter S. Sandor
Prof. Dr méd. Peter S. Sandor

Quatre heures par nuit: il y a encore quelques années, cela faisait chic d’affirmer, en tant que manager ou entrepreneur, pouvoir se contenter de peu d’heures de sommeil. Certains aimaient à faire croire n’avoir ni le besoin ni la liberté de faire du sport ou d’autres activités en dehors de la chaîne de création de valeur. Mais tout cela fait désormais partie du passé. Aujourd’hui, la prévention appartient aux domaines pour lesquels une certaine responsabilité est volontiers assumée, dans le petites, comme dans les grandes entreprises. Pas même une décennie après que des exigences en matière d’équilibre entre travail et vie privée dans les milieux professionnels aient été formulées, elle fait désormais partie de la culture d’entreprise aussi parmi les hauts gradés.

Ce phénomène est bien plus qu’un effet de mode ou qu’une course pour gagner des salariés. Les accidents, absences pour cause de maladie ou les grandes fluctuations de personnel sont de désagréables facteurs de coûts, lesquels peuvent toutefois être évités moyennant un petit investissement financier. De ce fait, l’éventail d’activités plus ou moins efficaces de promotion de la santé et du sport à destination des entreprises et avec lesquelles les assureurs et caisses-maladie entendent inciter les collaborateurs à adopter un style de vie sain s’est étoffé. Mais ces actions ont trop souvent une brève durée d’efficacité et sont perçues par les salariés comme une fastidieuse obligation . La santé ne peut pas être abordée uniquement de façon ponctuelle. La prévention et un style de vie où l’on «s’auto-soigne» doivent être en permanence présents dans les esprits, être appliqués visiblement et transmis intuitivement aux collègues.

Des approches ludiques et joyeuses en tant que partie intégrante de la culture d’entreprise promettent en revanche un succès durable. Par exemple, si les collaborateurs ont du plaisir à faire des activités physiques de prévention ou s’ils s’affrontent lors d’une compétition ludique. Une enquête représentative commandée récemment par le groupe RehaClinic et basée sur 1036 entretiens montre que pour 85% des personnes interrogées, avoir du plaisir et de la joie est un facteur de motivation important pour mettre en œuvre des mesures de prévention telles que l’activité physique.

En résumé: pas de sport sans plaisir. Les capteurs utilisés pour le Quantified-Self (mesure de soi) se prêtent parfaitement à une approche ludique et joyeuse. Ces outils sont proposés dans toutes les tailles, couleurs et catégories de prix, sous la forme de bracelets ou comme apps pour smartphone. L’analyse des pas, du temps de repos, de la fréquence cardiaque et même des phases de sommeil permet une nouvelle expérience ludique de découverte de son quotidien. Pourquoi pas, par exemple, proposer une activité qui permet de se mesurer au chef?

Quelque chose d’important et de significatif peut être atteint si on parvient à intégrer un modèle de comportement préventif dans la culture d’entreprise et à le vivre comme un principe de mentalité au sein de l’organisation. Cela nécessite que les supérieurs donnent eux-mêmes l’exemple. Comme monter les étages en comptant les marches, venir travailler à vélo ou tenir un blog d'activités sportives sur Intranet – ou tout du moins en parler.

Car un chef en bonne santé – et équilibré – est un meilleur chef.

  • Peter Sandor
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Directeur médical du service de neurologie et membre de la direction du groupe RehaClinic, professeur titulaire à l’université de Zurich.

Tags: Santé, Durabilité, Stress, Culture d’entreprise

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